29.12.04

On a retrouvé le Père Noël (épisode 31)


Camille s'endort lors du vol retour du Touquet vers Toussus, à bord du DR-400, F-GGJL. 1h30 de vol à l'aller, la promenade à vélo vers la plage, la course poursuite sur le sable de plage du Touquet et enfin le vol retour auront fini d'épuiser toutes ses batteries.

Un court break de quelques jours pour les fêtes. Je réserve pour la journée un DR400. Cela fait trop longtemps que je n'ai pas fait de navigation. Une météo qui semble clémente. Il n'en faut pas beaucoup plus pour être tenté d'une promenade en avion. Patrick et moi échaffaudons rapidement une navigation originale (pour nous tout du moins) : Saint-Cyr - Le Touquet - Saint-Cyr. Xavier (mon instructeur) et de nombreux Colibris m'avaient conseillés ce terrain. Une approche interressante, un accueil sympathique et la possibilité de louer des vélos pour filer à la mer toute proche ont définitivement fini de nous convaincre que LFAT serait un bon point de chute.

Comme d'habitude les jours précédents, nous squattons le site de Météo France à la recherche de prévision et nous décortiquons les TAF (long forcément). Changement de programme, ce ne sera pas pour jeudi, mais pour mercredi. Branle-bas de combat, on réserve un avion... ok, c'est possible, ce sera X-Ray-Hotel... Ok, je connais bien le bestiau... ok, redevenons calme. Tout va bien.

La veille, Patrick et moi passons toute la soirée à préparer la navigation. Il se charge du départ, je ferais le retour. Nous ne sommes vraiment pas encore assez aguerri et préparons consciensieusement notre vol. Tout y passe. Epluchage des NOTAMs, vérification des Restricted traversés, calcul de la masse et centrage, calcul du carburant... Nous travaillons comme notre instructeur nous l'a appris. Cela me rappelle de bons souvenirs. Trop lointains à mon goût.

10h00. Aérodrome de Saint-Cyr-L'école. Tous les taxiways sont gelés. Tout le terrain est en fait tout blanc et la prise de l'ATIS ne nous incite pas à nous précipiter "Attention les taxiways sont TRES glissants, les pistes en cours de dégellement...". Humm... Humm... Gentiment, on va patienter. Un avion n'est déjà pas très à l'aise au sol, alors sur une patinoire...

Puis, nous croisons Olivier, le chef pilote.
- "X-Ray-Hotel ? Hummmmmm"
- "hummm ?"
- "Je préfèrerais le laisser en mécanique... peut-être un problème de pression d'essence..."
- "hummm... c'est toi qui voit."
- "Vous n'avez qu'à prendre Juliet-Lima, le Regent... mais il est à Toussus"
- "Et bien on a qu'à prendre Juliet-Lima, alors !"

J'aime beaucoup les changements de programme. Ce ne sera plus St-Cyr - Le Touque - St-Cyr, mais Toussus - Le Touquet - St-Cyr. Heureusement que dimanche dernier, j'ai travailler l'intégration sur ce terrain. Petit concertation avec Patrick avant le départ. Cela modifie un peu notre navigation. On retrouvera notre "trait" un peu plus haut. Nous décidons de sortir par les cheminées de Mantes afin d'éviter Saint-Cyr (snif, snif), Beynes, Chavenay et Pontoise. Ca peut le faire. Ca va le faire. Aller, on y croit ! La météo semble clémente. Cela se couvrira un peu en fin de journée. Couché du soleil 16h01 UTC. C'est parti. Première étape (en voiture) Saint-Cyr - Toussus.

Et première difficulté : trouver le hangar à Saint-Cyr où est parké Juliet-Lima. Quand je vous disais qu'on apprenais tous les jours. Deuxième "difficulté", faire l'avitaillement et savoir décrire à la personne au bout du fil qu'on est au hangard 313, Mat-Air ou Mat-Service ou PFA ou PSA ou "vous savez tout au bout de la zone ouest, le truc bleu, nan ?"


Pour le débutant que je suis, même l'avitaillement
à Toussus est un spectacle interressant.


Voilà, ça c'est fait. Je sais "faire sortir" l'avion du hangar (vive le handling) et appeler l'essence pour l'avitaillement avec la carte Total. C'est pas grand chose écrit comme ça, mais pour le pilotaillon élevé à Saint-Cyr, c'est toujours bon de savoir le faire. Voilà une bonne chose de faite. Vivement que je le refasse.


Décollage en 25 à Toussus-Le-Noble.
Patrick est le pilote. Je suis à droite. Camille derrière.





En cheminement le long de la côte,
nous passons par la Baie de Somme.


Le temps est clément. Nous profitons de la promenande. De temps en temps, il faut que Patrick et moi nous rappelions la chance que nous avons de pouvoir prendre un avion et aller se promener. De temps en temps, on se tape sur l'épaule et on se dit "eh, tu te rends compte de ce que tu es en train de faire ?". Dans quelques minutes, nous allons nous intégrer sur un terrain inconnu à 1h00 de vol de notre base... et au bord de la mer. Il nous reste une petit surprise.

Les NOTAM repris le matin même nous l'avait annoncé : la CTR et la tour du Touquet seront fermées. Bien. Ce sera donc de l'auto-info. Let's go. Nous ne croyions pas si bien dire (écrire)... Le "Let's Go" fut vraiment de circonstance. En arrivant sur Sierra par le sud du terrain, nous n'entendrons sur la fréquence que des anglais...

Quel bonheur ! On se croirait sur IVAO ! Et que je te rappelle OverHead, et que je sois en "Right Downwind, runway Triiiii-touuuuuuu", en "Turning Final"... Ce fut jouissif de passer le message : "Le Touquet du Juliet-Brao, en courte final piste 32.... Le Touquet from Juliet-Bravo, on short final runway triiiii-tooouuuuuuuu".
Patrick trop occupé à s'intégrer sur ce terrain inconnu, me laissa la radio. Et vive IVAO pour donner confiance dans la phraséo anglaise. Ce fut limpide et sans hésitation. Je n'ai pas hésiter une seconde. A tous les moments du circuit d'intégration, je savais quoi dire. J'ai compris 80% de la phraséo des autres. Sur ce point, il reste encore à pratiquer. Je pense que Patrick à pris son pied lorsqu'il a lâché "Le Touquet from Juliet-Lima, runway triii-two vacated" !


Quand je vous disais que le terrain du Touquet était sympa !



Il existe des photos râtées qui gardent un interêt.
J'ai trouvé une utilité à celle-ci : Tempète de ciel bleu !



Sur le chemin du retour.
Le soleil dans les yeux.





Cliquez sur l'image pour télécharger
la vidéo de 1min51, format WMV, 7 Mo



Grâce au GPS de Patrick, voici la trace de notre vol aller & retour.
Impossible de tricher. On voit bien le slalom entre les zones.
(cliquez sur l'image pour agrandir)




Arrivée à Toussus-Le-Noble 15 minutes avec le couché du soleil aéronautique.
Que du bonheur.

Voilà. Je vous ai peut-être épargné les moments croustillants de notre navigation. Nous avons du nous perdre 2 ou 3 fois entre Patrick et moi. Un petit coup de recalage, la recherche d'un repère, une voie de chemin de fer ou une ligne électrique (une petit confirmation au GPS) et ça repart. . Je vous ai aussi épargné l'évitement avec un DR400 bleu au dessus du terrain de Mantes, alors que sur les bons conseils de Patrick, j'avais pris soin de m'annoncer pour la verticale sur la fréquence du terrain. Je vous ai aussi épargné les problèmes de communication avec Paris Info, les échanges de sourd à propos d'un transpondeur, l'intégration à Toussus sur la même base qu'un Cessna ("Euh, oui on a visuel sur le trafic" alors qu'on était pratiquement dessus). Je vous ai épargné le plaisir (oui, le plaisir) des finales parfaites (on peut rêver nan ?) sur les grandes pistes du Touquet et de Toussus. Cela nous a changé de nos pistes en herbe de Saint-Cyr. Et le PAPI de Toussus ? Et la montée initiale vers la mer en partant du Touquet ? Et la course à pied sur le sable ? Le temps de monter les vidéos que nous avons prises et de trouver une place quelques part sur Internet et je vous montrerais tout ça.

Je vous ai aussi épargné le micro-rascol avec Phlippe Girault qui nous a très gentiment accueilli au Matra à Toussus alors que la nuit glacée tombait. Une coincidence ayant fait que nous allions le même jour au Touquet ! Nous n'avions certainement pas "la classe" de son Jodel 119. S'il y avait bien un bel avion au parking du Touquet, c'était bien son F-PKXR.



Tous ces petits moments qui font que chaque vol est unique.
Oh que oui... chaque vol, chaque promenade est unique. Vivement le prochain.

26.12.04

« Pourquoi on va vite, là ? » (épisode 30)

- « Pourquoi on va vite, là ? »
- « Parce qu’on repart ! »
- « Et t’as même pas demandé ? »


Dimanche 26 décembre. Nous sommes en DR-400-120. Je viens de me poser sur le 07 gauche de Toussus. J’ai repoussé la réchauffe carbu. et rentré un cran de volet. J’ai remis les gaz et Camille, assise en place droite me demande « Pourquoi on va vite, là ? ». Je lui répond, alors que je renégocie le décollage avec Kilo-Uniform : « Parce qu’on repart ! » et du tac-au-tac, elle me rétorque : « Et t’as même pas demandé ? T’as pas l’autorisation pour repartir ! »

Je comprends alors que ma fille de 10 ans est en train d’assimiler le concept de la clairance. Il lui a juste manqué quelques mots de vocabulaire « aéro », lorsqu’à mon premier avec contact avec Toussus :
- « Toussus du Fox-Kilo-Uniform bonjour ! »
- « Kilo-Uniform, Toussus, bonjour ! »
- « Toussus, du DR-400, Fox-Bravo-Tango-Kilo-Uniform, un DR-400 en provenance de Saint-Cyr à destination de vos installations pour un touché, avec India, estimé à 1 minutes de RBT »
- « Kilo-Uniform, affichez 4215, rappelez Sierra, avec un Rally en montée initiale 07 en tour de piste »
- « 4215 et on rappelle Sierra, Fox-Tango-Kilo-Uniform ».

Evidement, à 10 ans lorsqu’il s’agit du 4 ou 5ème vol avec Papa, on peut lui excuser d’avoir raté la subtilité de la phraséologie aéronautique. En montée initiale de la 07 gauche de Toussus, elle m’explique qu’elle ne comprenait pas pourquoi on repartait sans avoir demandé l’autorisation alors que « même pour rouler il faut demander l’autorisation, pfffff » soupira-t-elle.

Je n’avais pas prévu ce vol dominical. Plein d’espoir la veille au soir, j’avais pris les TAF de Toussus et d’Orly. Ca s’annonçait vraiment mal. Du « Broken 009 », du « -TSSHSN » ou des barbarismes qui m’ont fait me coucher en me disant « c’est pas demain qu’on ira se promener ». Et puis en désespoir de cause, je m’étais préparé un petit vol pour tester une configuration… à Raiatea et sur IVAO. Alors que je roulais, en Cessna 172, pour le point d’arrêt 07 lorsqu’en contact avec Jean-Michel à tour de Bora-Bora, je levais les yeux vers le ciel (le réel pas le virtuel, hein ? Vous suivez ?) : Tempête de ciel bleu ! Même constation en ligne sur TeamSpeak avec Jean-Michel : « Ici, en Normandie, y-a que du bleu et comme on a généralement le temps que les parisiens auront dans 1 heure ». Oulalaaaaaa, je file sur www.meteo.fr et consulte les METAR et TAF. Bof, bof, mais bof plus.

Ni une, ni deux, et après un rapide coup de fil à l’aéroclub pour trouver un avion :

- « Camille, prépare toi on va faire un tour en avion !!!! »

Je pense que personne ne m’en voudra de mettre déconnecté au point d’arrêt de la 07 à Raiatea. Désolé, j’ai du ciel bleu qui m’attend.


Voilà comment, presque sur un coup de tête et à cause de trois semaines de grisaille parisienne, on se retrouve, un peu en mode panique, dans la voiture direction Saint-Cyr.

J’échafaude un plan pour éviter le sempiternelle local « Sortie nord – Verticale Thoiry – Retour secteur ouest ». Il me faut un « truc » un peu technique. Cet aspect du vol m’intéresse. Une intégration précise. Un truc que je n’ai pas fait souvent. Un petit défi au pilotaillon que je suis. Je cherche un terrain à proximité pour faire un touché avec une procédure un peu technique. Ce sera Toussus ! Depuis plusieurs fois, je me suis dit qu’il serait sympa d’aller poser ses roues sur l’une des pistes en dur de LFPN. Je l’ai fait une fois, en instruction un même dimanche glaciale de décembre. C’était il y a plus d’un an. J’ai la procédure en tête et les détails du terrain : RBT, Sierra, le contrôleur, un code transpondeur, la zone de Saclay, 10 degrés à gauche au départ de la 25… En faisant chauffer le moteur du DR-400, j’aurais le temps et je réviserais.


Cette fois-ci, ma fille qui d’habitude est peu enclin à aller faire un tour en avion (un comble), trouve que sortir avec ce soleil est une bonne idée car… elle pourra faire des photos avec son nouveau téléphone (merci Papa Noël). Voilà une réaction à laquelle je ne m’attendais pas, mais je ne culpabilise pas du tout d’en profiter. Charge à moi de lui montrer certains aspects amusants du vol.


Après notre touché à Toussus, nous effectuerons un peu de mania entre Dreux et l’entrée ouest. Camille découvrira comme l’a fait son père il y a un peu plus d’un an, qu’il ne faut pas regarder les instruments, mais… dehors. On montera, on descendra, on fera des virages un coup à droite, un coup à gauche. Elle sera ravie de prendre le manche (à deux mains) et de sentir la réaction de l’avion. Et moi encore plus qu’elle.

Et pour la seconde fois, elle sera enthousiaste lorsqu’elle revérifiera que « les nuages ont une ombre ».



Ce dimanche, alors que le soleil jouait à cache-cache avec les nuages, nous sommes allés, ma fille et moi, faire un tour d’avion. Ensemble, nous avons volé avec les nuages à la recherche des ombres au sol. Puis tranquillement nous nous sommes reposés à Saint-Cyr.

8.12.04

Mon Romeo-Tango !

Une bande de joyeux passionnés est en train de développer un Robin DR-221 pour Flight Simulator 2004. Et pas n'importe lequel ! Il s'agit du F-BPRT de l'aéroclub des Alcyons !


L'appareil avec lequel j'ai passé mon PPL va disposer d'une réplique virtuelle dans Flight Simulator grâce à Fravin pour le modèle3D et Frank00 pour le panel.
Un groupe d'acharné s'est mobilisé pour peaufiner le modèle de vol. Tout cela devrait être prêt... un jour ou l'autre. N'oublions pas que les créateurs sont bénévoles !





Les créateurs me livrent régulièrement le résultat de leur travail et grâce à quelques photos que leur transmet, ainsi que des remarques ascerbes pour certaines (le soucis du détails), la précision dans le détail est surprenante.
Ce que j'ai la chance de tester est tout bonnement déjà exceptionnel et laisse présager d'une qualité hors norme et (très) largement à la hauteur de produits commerciaux.





(22.01.05) La dernière mise à jour :
















(23.01.05) La dernière mise à jour : les clefs sur la planche de bord !



(24.01.05) Romeo-Tango est disponible au téléchargement !!!!
Pour accéder au site de téléchargement : le site de Libertysim
Pour accéder directement au téléchargement : cliquez-ici

Bons vols à tous !

7.11.04

Mise en place du "Plan B" (épisode 29)

La Liste PilotList m'a encore fait le coup. C'est toujours pareil. On jette une bouteille à la mer au hasard en envoyant un mail à on-ne-sait combien de personne. Et puis, dans La Liste, il y en a forcément un qui répond. Quelqu'un vous propose un coup de main, un contact, un numéro de téléphone... ou un tour en avion.
A chaque fois, c'est la même chose. Il y a deux ans, grâce à La Liste j'avais pu rentrer en contact avec Frank, à Saint-Martin afin de m'offrir des tours de pistes sur le mythique terrain de St Barth. J'en ai encore plein la tête. Cette année, on recommence. Mais cette fois-ci dans l'océan indien.

Pour faire « aéro » : Au premier plan, une roue de C152.
Oh pardon, c’est plutôt la côte ouest de l’île de la réunion (peut-être St Leu ?)

Direction vers le sud ouest de l’île vers St Pierre – Pierrefonds (FMEP). Une petite heure de route depuis St Denis, la ville principale du nord de l’île.

L'AFIS annonce la 15 en service, Quebec-Novembre-Hôtel 10-20. La manche à air est - strictement - horizontale. Fixe. Tendue. Nous sommes deux à bord du Cessna 152. Bernard est PF ;-)

Au point d'arrêt, j'entend l’AFIS annoncer : "Vent du 150, 22 noeuds rafale 33 noeuds". Blurps. Ouf, il est dans l'axe. Il est fort, mais dans l'axe. Pas l'ombre d'une inquiétude dans la voix et le visage de Bernard. Le roulage reste tout de même un peu sportif. Je n’ose imaginer mon Romeo-Tango (DR-221, train classique) dans ces conditions. Nous remontons un peu la 15, puis nous nous alignons. Plein gaz. Puissance disponible. Badin actif. Avec autant de vent pratiquement de face, nous décollons comme un hélicoptère, c'est incroyable... Bernard n'arrive même pas à tenir la vitesse de montée normale. Ca grimpe presque trop vite !

A bord du C152 de l’Aéroclub du Sud,
juste après le décollage de la 15 de Pierrefonds.


Et pourtant tout avait commencé de travers. Depuis Paris, j'avais réservé un TB-9 avec un instructeur au départ de Gillot, à St Denis. La veille au soir : Message téléphonique d'annulation. L’instructeur n’est plus disponible. Il a dû certainement être affecté sur le planning d’Air Austral quelque peu chamboulé par les derniers soucis avec les B777. Ce sont des choses qui arrivent. Mais lorsque pour un voyage professionnel, vous ne vous êtes accordé qu’une seule journée de vacances et que vous repartez le lendemain soir, c'est short. Très juste. Comment se retourner en seulement une soirée ? Activation du « Plan B »

Mais c'était sans compter La Liste. Avec les quelques messages reçus et imprimés suite à ma « bouteille à la mer », il m’a suffit de passer un coup de téléphone :

- "Allo, bonsoir, je m'appelle Vincent et je cherche à parler à Bernard"
- "Oui... je vous le passe..."
...
- "Allo, bonsoir, Bernard ? Je suis Vincent… euh… de… euh… la PilotList"
- "Oui, Vincent ! Comment ça va ?"
- "euh... Bien, merci !". Je suis un peu étonné du chaleureux accueil.
- "On a échangé quelques mails sur La Liste, c'est bien ça, hein ?"
- "Oui, c'est ça !"

Et hop, le contact est établi. Hop, il me reste à expliquer ma situation. Et hop, vérifier qu'un avion est disponible pour le lendemain. Le pilote, lui, l'est.

Nous poursuivons notre montée. Inévitablement, pour moi qui suis habitué à voler à Saint-Cyr, j’en prends plein les yeux. Et puis, je me dis intérieurement qu’ils volent bizarrement ici. On monte, on monte… 1000 ft/min. Pas de TMA ? Pas de carte sur les genoux pour voir les espaces aériens ? Pas de zones tordues ? Pas de ZIT ou de ZRT ;-)) Et le transpondeur… Il est OU le transpondeur !

La côte nord ouest de l’île de la Réunion. Nous commençons notre spirale pour passer au dessus des nuages.


Et puis nous continuons à monter. Moi qui ai plutôt l’habitude de tourner autour de Paris avec mes 1500 ft au QNH, dans le petit couloir VFR… Ici je verrais l’altimètre indiquer jusqu’à 10 000 feet ! Quel changement. Bernard m’explique que les nuages se sont formés sur le flan ouest de l’île et que nous allons passer au dessus pour rejoindre le volcan… Il a compris en écoutant 123.5 que la côte Est était dégagée. Chouette du VFR On Top ! Je n’en ai jamais fait. C’est vrai qu’ici, c’est un peu plus facile, les nuages sont concentrés sur l’île. Il suffit de faire demi tour vers la mer qui reste toujours dégagée… et hop plus de coton !

Nous piquons vers le centre de l’île,
À l’attaque de la petite couche !


« Pic de neiges nous voilà ! »


A mon tour de diffuser des images de cotons.


Aaaah, le flirte avec les nuages…


La (superbe) promenade continue. Nous passons au dessus des cirques, nous longeons les ravines, nous survolons les « trous ». Le relief est saisissant à cette altitude. On découvre l’extrême irrégularité du terrain et la jeunesse de l’île. Les crevasses succèdent aux apiques. Le paysage est époustouflant et varié. Je ne sais comment traduire, à bord du petit Cessna, mon étonnement. « J’en prend plein les yeux ». Je reste silencieux, mais prend de ci de là quelques photos et vidéos pour « garder une trace ». Puis, nous passons sur la fréquence d’auto information du volcan (la fréquence de quoi ? ;-)

En bordure du cratère volcan.
Les visiteurs arrivent jusque là en voiture, puis continuent à pieds.


Bernard, tout en pilotant continue à me décrire toutes les merveilles de son île : Les chemins de randonnés, les gîtes, l’histoire de tel ou tel petit cratère, la raison pour laquelle telle passe existe pas, l’histoire de la dernière coulée de lave, son arrivée dans la mer, la coupure de la route, la signification des différentes couleurs des laves…

"A small wheel for humanity (and cessna), a giant leep pour moi"
(Décor lunaire pour un cessna)


A la verticale de la dernière coulée en date.


Notre petite ballade prend fin. Il est temps de rentrer sur Pierrefonds.
Je me prends pour un photographe de l’IGN.


Toutes les meilleures choses ont une fin. Il faut descendre et redescendre de mon nuage. Petit rappel pour ceux qui n’auraient pas suivi : Le terrain est au niveau de la mer ! Un « petit 1900 tours » pour ne pas rentrer dans l’arc jaune, et nous entamons notre descente vers la côte pour rejoindre le vent arrière 15 main gauche. L’air se réchauffe. Avec 30 nœuds de vent dans le dos, nous avalons le vent arrière. La base, puis la finale. Le PAPI est sans pitié pour le plan de Bernard, mais il le rétabli aussitôt. Avec des rafales à 35 nœuds, même dans l’axe je suis bien content que ce soit lui qui pilote et pas moi. Inévitablement, je me projette et m’imagine au dessus du canal du château de Versailles avec 30 nœuds de face en finale pour la 30, avec mon Robin.

On distingue la position habituelle de la manche à air.
Je vous laisse calculer la force du vent.


Il est 1h30 du matin. Je ne dors pas. Je viens de rejoindre mon fauteuil 24B dans ce Boeing 777 d'Air Austral. Je reviens du « Plus beau bureau du monde ».

Au niveau de vol 350, dans ce Boeing 777 qui me ramène vers Paris, je repense à cette matinée.
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