C'est une histoire qui commence en 2003, celle d'un pilote de simulateur de vol sur PC qui passe son brevet de pilote (PPL) et qui remplit sa boite à souvenirs.
RIP ma Garmin Virb. Depuis + de 10 ans, cette caméra m'accompagnait dans presque tous mes vols y compris le derniers Farwest. C'est elle qui enregistrait toutes les communications radio à bord et avec les ATC. Sur DR400, je la mettais face aux 2 places avant pour enregistrer les réactions et échanges. La qualité étant en deça de mon autre caméra plus récente, une Dji Action 4*. Avec son entrée USB et un patchcord GA, elle enregistrait toutes les communications radios, y compris les échanges internes.
Depuis
le vol d'hier, quelque chose ne lui a pas plu et elle n'enregistre plus
rien, elle reboot en boucle sans fin. Merci pour ton service rendu.
Repose en paix. Tu en as des souvenirs...
Ni une, ni deux, je passe commande pour la remplacer. J'abandonne définitivement GoPro et me re-équipe d'une Dji Action 6. J'y brancherais aussi un patchcord GA en Y pour enregistrer les communications. J'ai pris l'adaptateur USB - Jack 3.5mm, il me semble bien avoir des câbles GA Plug - Jack 3.5 mm qui doivent trainer quelque part dans un carton.
*
La Dji est équipée d'un filtre polarisant (ND) ce qui permet de filmer
vers l'avant en ayant l'hélice dans le champs sans avoir la classique déformation hideuse des pâles en forme de sabre.
Il y a exactement 23 ans, un jeune élève-pilote carrément stressé se retrouvait tout seul en prononçant ces mots : "Fox Romeo Tango, je suis prêt au roulage". Si
je pouvais remonter le temps et m'installer dans le DR221 sur le siège
passager (celui resté désespérément vide ce jour-là), je lui dirais : « Vas-y, profite de chaque seconde: la sensation au moment de la rotation, quand l'avion s'allège plus vite que d'habitude parce que l'instructeur n'est plus là, tu vas t'en souvenir toute ta vie. »
23 ans plus tard, le virus de l'air est toujours là, intact.
Il fait 32 degrés. C'est plus que grand CAVOK. Heureusement, un léger vent d’est souffle entre 5 et 10 kt. Ca rafraichi à peine. Ce n'est pas vraiment idéal pour aller voler. Les performances des vieux moteurs à piston (sans turbo) ne vont pas être des meilleures (trop chaud). Mais surtout ce n'est pas vraiment agréable de se mettre sous la verrière d'un DR400 en plein cagnard. Néanmoins, j'ai une bonne raison d'aller voler.
Romain P. est en France, il est français, réside depuis plusieurs dizaines d'années aux US et vole à Palomar. C'est un pas-très-vieux PPL, entièrement formé aux US. Nous nous sommes rencontrés tout d'abord virtuellement grâce (à cause?) de Say Intentions, sur leur forum Discord. Nous étions dans les premier Beta. Nous allons faire un tout petit tour pour découvrir vite-fait le VFR en région parisienne. Tout va être nouveau pour lui. Le terrain champêtre de Saint-Cyr et ses 2 pistes immensément larges et surtout en herbe, le Robin DR400 en bois et en toile et les ATC français. À cela s’ajoutent les ronds bleus, les contraintes environnementales, et
les espaces aériens parfois complexes de la région parisienne. Les
limites sont partout, il faut rester vigilant. On aura aujourd'hui de l'ATC à LFPZ et LFPT.
Bestiole du jour : un DR400-120 Dauphin. Du classique pas super motorisé. Avec cette météo, c'est déjà difficile de préparer la machine ! Je me brule avec une boucle de ceinture. Le pare soleil n'est pas de trop. On aurait aimé que tout soit à l'ombre. Il est 16h00.
En faisant (très) gaffe aux performances, je choisi néanmoins de passer à la station d'essence. On est pas si lourd, même s'il fait chaud et je préfère remettre un peu d'essence, sait-on jamais. Calculé et recalculé, tout devrait être dans les clous.
1er choc pour Romain à Saint-Cyr : la piste en herbe, large, les bosses, le château de Versailles qui surgit dans la montée initiale. Nous sommes proches de Paris et pourtant il y a une ambiance champêtre sur le terrain de Saint-Cyr.
Le décollage est ultra-précautionneux. La chaleur et l'avion peu performant font partie du briefing TEM (Threat and Error Management). Je mixture au point d'attente pour me rendre compte que le moteur n'en a pas vraiment besoin. Tant mieux. On porte une attention tout particulière à l'accélération à cause des conditions du jour : piste en herbe, avion faiblement motorisé (même si pas chargé), 1030 au QNH et + de 30 degrés. Je repère un point au 1er tiers de la piste de décollage pour m'assurer qu'on aura 70% de la vitesse de la rotation. Avec tout ça et toutes ces précautions, l'avion accélèrera sans problème. Et le peu de vent présent finira de rendre ce décollage sans histoire.
Quand je ne fais pas le guide touristique, nous gardons un œil sur la température d'huile (seul indicateur de température dans cette machine).
Deux tours de piste sur la 12/30 pour s'entrainer à Pontoise. La 04/22 vient de rouvrir, fermée dans l'après-midi pour cause de tonde... des abords de la piste, puisqu'elle est en dur ;)
De retour à Saint-Cyr, le contrôleur nous demande une approche par la base 11 main gauche en passant à l'ouest de Rennemoulins, il y a un peu de traffic au départ et dans le tour de piste. L'atterrissage se fait en passant au raz de l'autoroute A12, pour aller sur la piste 11R.
A peine posés, on entre-ouvre vite la verrière. La chaleur au sol est très pesante. Séquence obligatoire de nettoyage, avec ce temps, où des dizaines de bestioles viennent mourir sur les bords d'attaque et carénages de roues. Romain n'y échappe pas.