1.10.08

[19/20] Plus que quelques heures (Palm Springs - Santa Monica)

Après les problèmes de taxi d'hier soir... Nous avons encore des soucis ce matin. Alors que nous avions commandé un taxi pour 6 personnes, un taxi 4 places se présente... avec en plus beaucoup de retard. Il fait beau. On se réveille doucement après la courte nuit. Comme d'habitude : diner + préparation de nav. "à l'arrache" et tardive + dépilage des cartes mémoires des appareils photos et camescope = sommeil réduit. Mais comme le terrain est à plus d'une demie-heure de route, nous voilà retardés dans notre timing un peu serré. Et le planning de la journée est chargé. Très chargé.

Mercredi 1er octobre. Dernier jour de "Far West 2008". Départ de Sedona. Ravitaillement à Palm Springs (J.Cochran ) à 230 nm., pour presque 2h de vol. Puis départ pour Santa Monica ou un Colibri devrait nous attendre. Déjeuner au Typhoon sur le terrain après une petite nav. (tout est relatif) d'environ 2h. Ensuite, on envisage un petit vol local, peut-être vers l'ile de Catalina. Et enfin la dernière branche vers San Diego, Montgomery Field. Notre terrain de départ. Et la boucle sera bouclée.


Christophe embarque dans la première navette
Café on board ?

J'arrive avec le second taxi presque plus d'une heure après les premiers, l'avion est déjà prêt. Florent a préparé sa machine. Je n'ai qu'à installer ma valise dans la soute et m'installer à bord, à droite. Il fait doux. Pas trop chaud. Le temps idéal pour aller voler.


Le roulage est tranquille avec un petit pincement au cœur. Notre dernier roulage du matin. Immortalisé par une vidéo.



Comme d'habitude, il nous faut une petite surprise de pilotaillons, avec un appareil qui atterri à contre QFU. Enfin, le QFU qu'on avait choisi, nous ;-) car le vent est calme. Le vol vers Thermal J.Cochrane (KTRM) est tranquille, presque une ligne droite. On quitte les roches rouges de Sedona et le paysage tourmenté et superbe pour retrouver du désert. Même si nous n'avons pas de pilote automatique, le Cessna N4975F vole tout seul et Florent n'a besoin de personne. A peine, une main posée sur le volant. L'avion est trimé. Je recule mon fauteuil, incline le dossier et commence à piquer du nez.


Nous visons les VOR de DRAKE, puis celui de PARKER. Le vol serein, comme une simple étape de liaison. La fréquence 123.45 est au contraire emplie des frenchies qui s'ennuient sur cette branche en ligne droite, agrémentée d'un Flight Following prévenant. Comme on les aime. Partis dernier, nous rattrapons doucement le Tango-Bravo des Alex que nous doublons en évitant quelques sommets comme le Wabayuma Peak. Cela nous occupe un peu. Le paysage, peut-être pour la première fois est un peu lassant. Un comble pour un pilote plus habitué à St-Cyr - Dreux - St-Cyr qu'à l'Arizona, le Nevada ou la Californie.

Private joke :

- "Vous êtes sûr qu'on peut pénétrer cette MOA ?"
- "Non, surtout paaaaaaaaaas !"
- "Mais si... vous me recopierez cent fois : les MOA sont perméables au VFR"

C'est tout de même étonnant de passer à côté du terrain de Badgad (E51) et de sa MOA (Military Operation Aera), elle aussi nommée Badgad... en plein aux Etats-Unis.

Je profite aussi du calme pour faire quelques vues de notre vaillant destrié. Après tout, c'est notre dernier jour, autant prendre quelques souvenirs.

Code transpondeur de sa majesté... ou presque
Bizarre, la mixture est sur plein riche ?



L'installation qui nous aura accompagné près de 40h et
généré presque 80 giga de vidéo


Technique classique et efficace de navigation...

... accompagnée de la technique un peu plus moderne ;-)

Nous quittons les décors saturés de rouge de Sedona pour du "vert", puis le désert nous rattrape de nouveau



Il faut tout de même se préparer à se poser sur ce terrain en auto information. L'A/FD nous précise bien que le terrain est sous le niveau de la mer : -115 pieds. Voilà encore une chose que l'on ne fera pas tous les jours !

L'A/FD de KTRM, Jacqueline Cochran Regional

Auto-information. Florent s'annonce. On passe par la verticale. Le Duchess est posé depuis quelques minutes, personne dans le circuit. Florent décide de prendre la 35. Nous filons vers le vent arrière main gauche quand nous entendons un trafic s'annoncer en final 30. Vue la disposition des pistes et notre tour de piste à l'ouest en main gauche, avec la chance que nous avons, tout ce petit monde risque de se retrouver dans les finales séquantes. Le tout, je le rappelle en auto-information à coup de "Thermal Trafic" (indicatif du terrain). Etonnement, tout le monde se parle, s'annonce, donne sa position, semble se comprendre et finalement se voit. Nous, en voyant la longue finale 30 et l'appareil en finale nous voyant sur notre base main gauche. Vous suivez ? Un p'tit coup de chaud de pilotaillon, d'autant qu'un petit 40 degrés celsius nous attends au sol. Mais plus qu'une explication halambiquée, voici la vidéo "Comme si vous y étiez" :



Après le traditionnel "où s'est qu'on va" une fois l'avion posé (toujours anticiper... toujours anticiper...), nous retrouvons le Duchess au Self Serve sous un soleil de plomb. Le Tango-Bravo nous rejoint et personne ne traine au soleil. Casquette obligatoire et bouteille d'eau de rigueur. Il fait une chaleur torride dans le cockpit. Palm Springs n'est pas des plus accueillant, on a l'impression d'être sur un terrain un peu fantôme. Plein de hangars fermés. Nous ne nous attardons pas. Changement de commandant de bord. Passons tout de suite à la suite.



--------

Nous sommes donc à Palm Springs à l'est de Los Angeles, dans le désert de Colorado aux pieds des montagnes. Il fait horriblement chaud. Et sec. Et chaud. L'objectif est d'aller à Santa Monica au bord de la mer juste de l'autre côté de l'aéroport international de Los Angeles. Rien que ça. Bien sûr, on pourrait repasser par les plages et refaire ce que nous avons fait lors de notre premier vol : la verticale de LAX. En préparant ce vol, la veille dans la tranquilité du Hilton Resort, nous avons déplié la Sectional et la TAC de Los Angeles. Et là, c'est le drame, l'horreur : c'est bourré de classe Bravo et Charlie ! Ca s'entremèle dans tous les sens. Il y a des terrains partout, des petits, des grands, des piste parallèles et des séquantes. Cette fois-ci impossible de rester le long de la côte en profitant du transit VFR... tranquille. Il faut un peu se frotter à cet entremèlement d'espace. Qui a dit qu'il n'y avait qu'à Paris que les zones en 3D se mélangeaient ? Ici, aussi il faut être un chouya concentré pour tout appréhender rapidement. Cela nous effraie un peu après le "traumatisme" du vol Portland - Vancouver sans Flight Following. Nous sommes dans le mode de "Et si on a pas de Flight Following". Je préfère donc "assurer" et Marc-Olivier nous recommande alors un "petit chemin tranquille qui vous fera éviter les grands espaces"... sans pour autant faire le tour de la terre.

Nous avons donc préparé autre chose : passer par le nord et contourner la classe Bravo de Los Angeles, en slalomant en 3D entre les classe Charlie et Bravo des terrains environnants. Il faudra bien tenir sa trajectoire autant dans le plan vertical qu'horizontal. Mais des VOR sont positionnés un peu partout pour nous aider ;-) et les routes IFR sont même matérialisées sur nos Sectional. Parfait !

Si on résume, cela doit donc ressembler à ça. Prenez un feuille blanche, tracez une marge au stylo rouge et ouvrez grandes vos oreilles.

La nav. vue par Skyvector

Départ vers le nord en remontant la vallée, cap magnétique 304, en direction du VOR de Palm Spring (PSP 115.5). On monte vers 8000 ft à cause du relief malgré la météo CAVOK. Puis passant la verticale du VOR, on vire vers l'ouest, à gauche au 260 vers un second VOR (Paradise PDZ 112.2) en suivant la route V372 et V16. On survolera la base militaire de MARCH. Espérons attraper du Flight Following sinon le changement de fréquence risque d'être sportif, si on ne compte que sur notre niveau de pilotaillon frenchie.


Le scan de la vraie carte utilisée en vol (un collector !)
Départ vers PSP puis virage à gauche sur Paradise
Nous devrons rester au dessus de 5000 pieds mais en dessous de 9000, pour ne pas rentrer dans la classe Charlie d'Ontario Intl et passer en dessous de la classe Bravo de Los Angeles qui démarre à 9000 pieds. Après le VOR PARADISE, on oblique à droite pour rester au nord de la Bravo de Los Angeles en direction d'un fix IFR : DARTS.

Le gros trait au feutre bleu (copyright de Florent)
matérialise la route à suivre


Nous repérons sur notre Sectional un endroit stratégique où il faudra commencer à penser à descendre si on veut se maintenir sous la classe Bravo de Burbank. Pile sur la radiale 180 du VOR POMONA (POM 110.4). DARTS est reperé sur la radiale 032 du VOR de Santa Monica (SMO 110.8)

Pour rejoindre DARTS à partir de PARADISE, c'est facile... C'est la route IFR V186. Le trait est déjà sur la Sectional. A quelques nautiques de DARTS, il faudra s'assurer d'être au dessus de 4800 pieds pour passer au dessus de la classe Bravo de Burbank.

Dernière partie de la carte (la vraie)

Puis sur DARTS, on vire à gauche, direct sur le VOR de SMO, cap magnétique 212. Il ne nous restera qu'à descendre tranquillement, car il y a de grandes chances que l'on soit sur la longue finale de la piste 21 de Santa Monica. Quelque part par là, il faudra prendre l'ATIS. Ca peut servir.

Après coup, je trouve cette navigation géniale. Mêlant du VOR à VOR, du cheminement, une interception de radiale, le tout dans un décor exceptionnel pour aller se poser sur un terrain qui-fait-rêver. Je prendrais un grand plaisir à refaire cette nav. sous Flight Simulator 2004. Tout comme je m'étais entraîné avant de partir à réaliser les premières branches.

Voilà. Facile. Tout ça avec ou sans Flight Following. Yapluka.

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Il fait très (très) chaud, donc, lorsque nous repartons que J.Cochran. Le roulage est éprouvant sous les 40 degrés et malgré le ventilateur qui tourne à l'avant de l'avion. Dès la montée initiale, avec l'approche de Palm Springs nous obtenons le tant souhaité Flight Following. Nous continuons tranquillement notre montée vers PSP et nous amusons à chercher le VOR au sol. Comme un e navigation d'entraînement.

Nous sommes ensuite basculés sur notre première fréquence SOCAL du vol (134.4). Pendant l'heure qui suit nous passerons de SOCAL en SOCAL. Nous cherchons le terrain de Banning le long de la Road 10, que nous laissons sur notre droite puis admirons l'alignement des C130 Galaxy de la base de MARCH ARB (Air Reserve Base)

Verticale MARCH ARB

En arrivant sur le VOR PARADISE, je me surprend encore à voir des terrains partout : CORONA, RIVERIDE, FLABOB, ONTARIO, CHINO sont tous à bout d'aile. J'imagine ces aérodromes comme je les ai rêvé en regardant "One Six Right." J'imagine ces centaines de hangars remplis de Warbirds ou de machines rutilantes. Ces pilotes privés poussant les grandes portes coulissantes comme dans le générique de "One Six Right".

Travers Ontario Intl, nous commençons tranquillement notre descente, toujours avec le Flight Following. On sent qu'on s'approche de Los Angeles, la fréquence étant de plus en plus chargée. Changement de SOCAL. Maintenant c'est 125.5. Ca s'accélère encore. Le débit est encore plus rapide. Nous sommes dans le ton. On arrive à suivre. Le Flight Following nous passe des clairances d'altitude. On se croirait presque dans un gros navion.

La concentration est à son maximum dans le Cessna. Nous préparons l'interception de la radiale 032. Nous sommes devant l'avion... Tout va bien. SOCAL a du mal à en placer une. Il y a des trafics dans tous les sens. Des infos trafic, des changements de fréquence, des prises de contact. Ca fuse dans tous les sens. Nous sommes fier d'être parmi eux. 4900 pieds. On surveille le CDI du VOR et on surveille l'altitude. Coup d'oeil au GPS en confirmation.

Nouveau changement de fréquence avec SOCAL sur 120.4. C'est de pire en pire. On a passé notre message, il nous a passé un "Radaaaaar connnnntact" comme on les adore et un "Altimeter Settings". Tout va bien pour nous. Sur la fréquence, ça passe des clairances dans tous les sens. Nous avons amorcé notre virage vers Santa Monica, Los Angeles et la mer au loin. Nous suivons le CDI, sûr de notre cap et de notre altitude. Tout se déroule comme la préparation l'avait envisagé. C'est du bonheur en barre. Je ralentie le petit Cessna qui file à 150 kts.

Puis SOCAL nous rappelle:

- "Cessna, Seven-Five-Foxtrot, you are heading Santa Monica ?"
- "Affirmative, sir, we have intercepted radial zero-three-two of Santa Monica Viiiiii - oooo - èèère" retorque-je avec mon plus bel accent texan à la vitesse de la lumière.
- "Thank you"

On a senti comme un soupçon de soulagement dans le "Thank You". Une sorte de "Ah... Ouf... Le frenchie avec son accent, il va au moins où il a dit qu'il allait et a priori s'il continue comme ça, il ne va pas emplafonner mes espaces." Et ce n'est pas pour nous déplaire ;-)

- "Cessna, Seven-Five-Foxtrot, contact Santa Monica Tower"
- "Please can you confirm Santa Monica Tower One-Two-Zero-decimal-One"
- "Cessna Seven-Five-Foxtrot... Santa Monica Tower One-Two-Zero-Point-One"
- "One-Two-Zero-Point-One... Bye, bye... thank you for your service, Cessna Seven-Five-Foxtrot"

Et après les paysages désertiques des jours précédents, tout le sol est recouvert de la texture de la mégalopole de Los Angeles, ses grandes artaires perpendiculaires et ces multiples bâtiments bas, le tout de temps en temps coupés par d'immenses autoroutes à 7 voies. Parfois, on voit des quartiers d'affaires avec leurs buildings émerger du décor.



J'ai l'impression de regarder par le hublot du Boeing de Northwest qui nous avait amené de Détroit à Los Angeles, il y a un peu plus de 10 jours. Et pourtant, là, je suis dans un Cessna 172... et aux commandes.


La descente vers Santa Monia est surréaliste. L'avion glisse tout seul, stabilisé, un peu rapide, mais avec les portes de placards sur les ailes, ça devrait ralentir facilement. Nous en profitons pour faire des photos. Florent à droite, moi à gauche avec le camescope, m'émerveillant devant l'immensité et la tristesse de Los Angeles.


Puis soudain, Florent s'exclame : "Eh, c'est Hollywood !". Sans le savoir, la longue finale piste 21 nous amène juste au dessus de la colline d'Hollywood. J'incline l'avion sur la droite, Florent shoot l'emblématique "Hollywood Sign". Un peu plus et nous le rations. On aurait pu le préparer !



Atterrissage au cœur d'une mégalopole

Si vous voulez vivre comme nous l'avons vécu la longue finale à Santa Monica, cliquez sur PLAY sur la vidéo ci-après :



En très courte finale, je me rappelle que le terrain ne dispose pas de taxiway. Toute la plateforme est revêtue et on peut donc dégager "dès que possible". A droite, ce qui me semble être un Citation patiente au point d'arrêt, de l'autre côté un Cessna. A peine dégagé, la tour balance le traditionnel message court "Cessna Seven-Five-Foxtrot, contact ground point niner" et le Citation décolle à quelques mètre de nous, remontant vers le Typhoon.

Nous voulions aller au restaurant, je dégage à gauche et nous revoilà à la recherche d'une place de parking, comme à chaque atterrissage, un peu perdu... venant de nul part. Petit dialogue amusant avec la tour "Requesting taxi to the restaurant" et un petit créneau pour se placer au plus près du Duchess. Nous échangeons de large sourire avec Christophe, Marc-Olivier et Remy T. le local de l'étape. Nous sommes enthousiaste du "travail accompli" et ne réalisons pas encore qu'il s'agit d'un des tous derniers vols. Il est temps d'aller déjeuner.


Première partie de la trace GPS réelle au départ


La belle ligne droite en longue finale piste 21 à Santa Monica



Notre Cessna N4975F face à la tour de contrôle
de Santa Monica

Photo de groupe devant le Duchess
sur le parking de Santa Monica

30.9.08

[18/20] En route vers Sedona (Monument Valley - Sedona)


Gentleman, start your engine !

Il y a des photos et des moments qu'on aimerait ne pas oublier. Cette photo où nous nous dirigeons vers nos avions est pleine de saveurs et de plaisirs. Nous repartons du terrain mythique de Monument Valley après une rapide pause. Nous avons déjeuné face à cette immense vallée de spécialités Navajo pour touristes. Nous regrettons de devoir repartir déjà. Il faut sans nulle doute revenir et au moins passer une nuit dans cette endroit majestueux. Peut-être sur Far West 2009, pourrons-nous avoir des chambres disponibles ?


Nous reprenons donc la navette pour les quelques mètres qui nous sépare du restaurant du parking des avions. Mais cela nous évite une grande ligne droite sous un soleil de plomb qu'affronte Alex.


Florent s'installe aux commandes et savoure déjà son départ de ce terrain privé, avec sa piste qui descend et le radada pour accélérer au raz des tumbleweed entre les immenses monolithes verticaux. La lumière est encore exceptionnelle et le décollage ressemble à ce que nous esperions. Nous filons à plus de 100 kts noeuds entre les immenses blocs dans un paysage de western. Petit virage à gauche en montée pour prendre notre cap vers le sud.






En route vers Sedona et en quittant Monument Valley,
nous sommes submergés par le paysage



Nous traversons alors le Navajo National Monument puis nous longeons Tuba City, tranquille à 9000 ft.



Puis les immenses blocs de roche disparaissent peu à peu laissant la place à un décor tout aussi sec, mais plus plat.





Puis le travers de Flagstaff et le paysage change de nouveau. Les couleurs deviennent plus riches. Le rouge qui dominait s'accompagne de zones d'aplats verdoyants. Le relief devient accidenté de nouveau. Florent et moi ne savons pas à quoi nous attendre. Marc-Olivier nous a bien sûr briefé. Il nous a parlé d'une piste comme "un porte avion" sur une montagne rabotée. Elle-même entourée de montagnes. Voilà, le décor est planté. Encore une piste peu commune pour des pilotaillons de plaine et de France. "Un peu comme Vesoul peut-être ?" me hasarderais-je à lancer un peu honteux de mon manque d'expérience.

En approchant de Sedona, un autre soucis se présente. Nous voilà à contre-jour et un voile brumeux masque le décor. Dommage pour la vue... et pour le pilotage, notre première préoccupation. Nous avons un peu de mal à trouver le terrain, mais à deux nous nous en sortons. C'est bientôt la fin du périple et il serait dommage de m***er si près du zéro faute... après tant de défis relevés.

Alors que nous sommes encore avec Albuquerque (prononcez "èlbou-coeur-ki") sur 124.5 à profiter sereinement du Flight Following ("oh dieu Flight Following que nos Cessna te soient offerts en offrande"), Florent effectue le briefing d'arrivée. Je retrouve la page de l'Airport Diagram dans la bible verte pliée de toute part comme marque-page. Auto-information. Une 03/21. Pas de tour de piste indiqué sur l'A/FD (qui m'abime les yeux avec la police 6 et le papier bible) :


La page 52 de l'A/FD pour le Sedona

Je me noie aussi dans la description des mises en garde et l'usage immodéré des mots contractés de l'A/FD : "Turbulence may be experienced invof arpt. When ldg Rwy 21, during strong southwest wind conditions, strong down drafts are very probable northeast of apch end of Rwy 21."




L'intégration sur Sedona sur la Sectional

L'arrivée sur Sedona nous montre un relief quelque peu accidenté qui surgit d'un seul coup sur notre route. Il y a un terrain là-dedans ? Et ce foutu soleil qui n'est pas au bon endroit !
Le soleil dans le yeux, un voile lumineux perturbateur accompagne notre intégration


La verticale s'impose par soucis de faire les choses calmement et sereinement car parfois dans le brouhaha de la radio, on peut vite se méprendre sur un "two-one" et un "threeee" (ben voyons). Avec un peu plus de temps, on peut améliorer sa situation awarness comme disent les américains. Alors nous prenons notre temps et en plus nous voulons "profiter".

Le vent est faible et Florent décide de s'intégrer pour la 21 après avoir attrapé du regard la manche à air. Normalement "main gauche" (du côté du pilote), le circuit nous semble encombré de plus d'obstacles qu'en main droite (comprendre "plus de montagnes avec des versants acérés"). Vue de ma place (à droite donc), je conseille à Florent un circuit main droite plutôt que main gauche. Petite discussion en regardant à droite et à gauche et en pesant le pour et le contre, c'est à dire à se demander où il y a le moins de truc qui gène un tour de piste ! A 5800 pieds, cela nous semble moins périlleux de partir pour un circuit main droite. Florent décide le circuit main droite à l'ouest.

Base main gauche pour la 21

A peine, nous sommes nous engagés au nord, que surgit un avion... dans le circuit main gauche, à l'est. Forcément. C'était trop simple. Dans un anglais avec accent à couper au couteau, il annonce quelque chose. Il doit être du coin, mais il est plus difficile de savoir où il se situe exactement. Nous comprenons juste qu'il est dans le circuit opposé au notre et nous nous surveillons et donnons nos positions régulièrement. En fin de vent arrière, nous nous voyons mutuellement et dans un anglais cordiale et semble-t-il compréhensible de tous nous annonçons le visuel réciproque. Atterrissage sans problème sans problème de Florent sur la piste du porte-avion précédé d'une falaise et qui se termine par une crevasse. Pas facile de s'intégrer sur une plate forme telle que Sedona lorsqu'on ne la connait pas.

Finale 21 à Sedona





Notre Cessna photographié à l'atterrissage par Christophe

Juste derrière nous, le Cessna des Alex se pose également en 21

Une fois posé le décor est de nouveau fantastique. L'accueil également du mini FBO local qui nous avitaille et nous offre un bidon d'huile. Nous galèrerons plus à trouver un taxi pour nous amener à notre hôtel. Mais, la nuit tombant, l'attente se fera au bar de l'aérodrome !




Chaude fin de journée à Sedona
Le rituel amusant de la photo de groupe

En attendant le taxi qui mettra du temps... à arriver

PriceLine a bien fait les choses
Hilton Resort à Sedona... Je serrais bien resté pour le plaisir ;-)
dans notre suite avec notre cheminée télécommandée

En direct : "1ère carte postale"

Il est 06h30 du matin dans la chambre d'un lodge à Page. Nous avons bouclé notre 1ère semaine. Il nous reste quelques jours. Derrière nous, déjà, il y a Vancouver, Seattle, San Francisco, Portland, Las Vegas, le Grand Canyon... Autant de noms qui me faisaient rêver... et qui continuent à le faire. Nous ne sommes toujours pas redescendus de notre nuage. Nous volons tellement (presque 30 heures de vol déjà réalisées à bord du Cessna) que les souvenirs se bousculent.

A peine remis du choc d'avoir fait la verticale de Los Angeles Int'l, quelques heures ensuite, je me pose de nuit en 27R dans la baie de San Francisco illuminée à Oakland. On a vu pire comme premier x-country aux Etats-Unis ! Puis, le lendemain nous partons en local pour un Baie Tour. Là encore les images sont époustouflantes.

Et c'est comme ça tous les jours. Lorsque Marc-Olivier nous avait préparé les étapes, les frenchies répondaient "on est preneur de tout !". Et tous les jours, nous n'arrivons pas à réaliser.

La phraséo ingliche va de mieux en mieux. Même si à l'arrivée à Portland, j'étais clairement derrière l'avion à courir après l'information de l'ATIS Delta ou Kilo (vive les messages ATIS automatiques américains). Du coup, j'ai donné la mauvaise info et la contrôleuse (très patiente) a dû se demander :

- "Mais où vont-ils ? Sur Portland Int'l c'est Delta et pas Kilo... Où y-a-t-il un terrain avec Kilo comme Information ? Vous confirmez Portland Int'l ?"
- "Oui, oui on confirme madame... Vous avez tellement de terrain autour de Portland, aussi... pfffff".

Cela s'est tout de même bien fini, en vent arrière 1000 ft trop haut et une clairance "Short circuit, number one, the number, 8 miles final, clear to land". On a donc déboulé comme une fusée (pas eut le temps de faire un vent arrière ;-) et la vidéo parait être en accélérer même en vitesse normale. Et des clairances anticipés, on a eut à la pelle.

Nous avons continué à remonter vers le Nord avec un mémorable vol entre Medford (ou Redmond ? Private Joke) et Boundary Bay (à 20 km de Vancouver Int'l) : douane, mauvaise météo, nuit qui tombe, mauvaise météo, radada à Seattle, mauvaise météo, retard sur l'estimée pour les douanes, nuit qui tombe... et pluie qui arrive. Faudra que je vous raconte. J'en ai encore les jambes qui tremblent.

Il nous a fallu décompresser, puis nous sommes redescendus vers le beau temps pour une brève halte à Seattle et la descente le long des volcans et Crater Lake dans la fumée... d'un incendie de forêt ! Là encore, Florent et moi avons eut une jolie poussée d'adrénaline en descendant pour trouver Klamath Falls avec un vizi qui arrive vers les "On voit rien du tout... Tu vois quelque chose, touaaaa de ton côté ?".

Et ce n'est pas fini. S'en suit une arrivée à Oakland de nuit, "clear to land" à peine en début de vent arrière. Le lendemain, un départ pour Mojave et la superbe (que dis-je "sublime") arrivée presque en vrac (merci le sqwelch de la radio... là aussi sur la vidéo cela va être folklorique) sur Las Vegas Mc Carran avec un 360 pas prévu... et pas demandé par le contrôleur ("pas taper !") une verticale Las Vegas, le Louxor et son faiseau verticale avec le strip illuminé et une finale tranquiiiiile de nuit... Mazette... que d'images et de souvenirs

Et ce n'est pas fini, il restait alors le Grand-Canyon qui s'est offert à nous pendant 2h à bord du Cessna 172, l'arrivée à Page et juste le temps de faire les pleins pour repartir en local sur le Lac Powel vers Rainbow Bridge et une petite patrouille à la nuit tombée avec le Duchess.

Le pire, c'est que j'ai certainement dû oublier des choses.

Juste au dessus de Los Angeles Int'l à 4500 ft sur le transit VFR Special.
Les premiers frissons de ce voyage incroyable.

Dans la baie de San Francisco au dessus d'Alcatraz.
En partant d'Oakland, il suffit de faire un petit local (Bay Tour)
pour encore une fois frissonner et se promener dans une carte postale.


Après Alcatraz dans la baie, il y le Golden Gate.
Lors de ce premier passage, la brume était présente pour de superbes photos.


En finale sur la 27R d'Oakland de jour.
J'aurais l'occasion de revenir ici deux fois pour deux finales exceptionnelles de nuit.
Les vidéos font, là encore, frissonner.

Portland sur le parking du plus beau FBO jusqu'alors vu : Flightcraft.
La vidéo de l'arrivée "Short Circuit" et (beaucoup) en vrac vaut aussi son pesant de cacahuettes

Juste après le départ du terrain de Boeing Field à Seattle.
Nous laissons la ville sur notre gauche pour partir vers...

... Le Mont Rainier.

Mojave. Marc-Olivier nous explique quelques particularités de l'arrivée sur Las Vegas Mc Carran

La fine équipe pose devant le C172 N4975F et la tour de Mojave (de gauche à droite)
Christope et Marc-Olivier (équipage du BE76 Duchess), Alexandre D, Florent, Alexandre DB et votre serviteur.


La même équipe "pas peu fier" de s'être posé de nuit, un dimanche soir à Las Vegas Int'l

Le lendemain matin, toujours à KLAS... prêt pour le Grand-Canyon.

Vers 9000 ft au dessus du barrage Hoover, quelques minutes après le départ de Las Vegas.
Le vectoring au départ pour dégager des espaces Bravo est toujours impressionant avec l'activité du terrain.

Après le "Hoover Dam", nous allons passons 2 heures majestueuse à bord du Cessna
à slalomer au dessus du Grand Canyon.


La nuit tombe et nous retrouvons le Duchess pour le mini-patrouille en direction du lac Powel
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