C'est une histoire qui commence en 2003, celle d'un pilote de simulateur de vol sur PC qui passe son brevet de pilote (PPL) et qui remplit sa boite à souvenirs.
Je pense qu'on vient de passer un cap dans l'histoire de l'aviation.
Ce 20 décembre, le système d'urgence Garmin Autoland a posé un Beechcraft King Air. Il s'est déclenché ou a été déclenchée manuellement, on ne sait pas encore. L'avion a choisi un terrain de déroutement en fonction du relief, des caractéristiques des pistes, de la météo, de son carburant... a affiché 7700, est descendu tout seul, tout en passant des messages d'alerte/information sur la fréquence du terrain, puis s'est posé sur la piste qu'il a choisi, a freiné jusqu'à l'arrêt et a coupé les moteurs.
Tout seul. Ce n'était pas une simulation ou un exercice.
Mise à jour du 25/12: d'après l'opérateur de l'appareil, les 2 membres d'équipage étaient conscients (malgré les messages automatiques "pilot incapacitation" passé sur la fréquence). Le système d'urgence s'est engagé comme il a été conçue, à la suite d'une rapide dépressurisation de la cabine alors qu'ils montaient vers 23'000 pieds. Les pilotes se sont équipés de leurs masques à oxygène.
VASAviation propose l'enregistrement de l'ATC. On y entends le contrôleur de Denver Rocky Mountain vider son terrain et la voix robotique du Garmin Autoland s'annoncer "N479BR, pilot incapacitation. 2 miles south of KBJC. Emergency autolanding, 19 minutes from runway 30R at KBJC"
L'appareil immobilisé sur la piste. Les moteurs vont être coupé par Garmin Autoland.
La démonstration du système dans un Beech King Air où Garmin explique les modes où le système peut s'engager automatiquement de lui-même comme par exemple si le pilote n'a eu aucune action sur les commandes ou les systèmes pendant 20 min, le système demande au pilote s'il est toujours là, via les écrans.
Cette publicité a plus de 40 ans. Ce fut mon premier ordinateur et beaucoup suivirent.
Je me souviens encore de la première fois où je suis allé dans le magasin d'exposition-vente, rue de Courcelles Paris 8ème. Internet n'existait pas. C'était à peine une boutique avec 2 ou 3 tables et où on faisait la queue sur le trottoir. La version montée coûtait 670 Francs. D'après l'INSEE compte tenu de l'érosion monétaire due à l'inflation et du pouvoir d'achat cela représenterait 294,62€ de maintenant.
J'avais un 1 Ko de RAM (l'extension 16 Ko arriva vite après), un clavier à membrane vite remplacé par un truc en plastoc collé par dessus. J'ai appris mon premier langage informatique - le BASIC - à coup de PEEK&POKE. Sans parler des recopies de centaines de lignes de code à partir d'Hebdogiciel et la lecture des sauvegardes de K7 (audio) où on réglait la hauteur de la tête de lecture avec un tournevis.
Aujourd'hui je tape ce post sur mon vieux blob avec un PC surdimensionné. Du ZX81 à 1 Ko de RAM et son Zylog Z80 à 3,25 MHz au AMD Ryzen 9800X3D jusqu'à 5.6 GHz avec 64 Go de RAM et 128 Mo de cache et 16 Go rien que pour ma carte vidéo : un bond de plusieurs millions de fois en puissance, voir milliard si on regarde le stockage et la vitesse d'accès. Et on parle du texte monochrome diffusé sur une TV à tube cathodique noir & blanc à l'écran OLED courbe de 34 pouces?
Ce
matin, j’ai regardé un excellent film/documentaire sur YouTube. Ça m’a
donné envie de (re)survoler cette région qans MSFS 2024
(SU4 Beta 1.6.21.0). Je conseille vraiment à tous les passionnés
d'aviation (légère) de regarder ce documentaire/film sur YouTube !
J'ai
fait des images de ce petit vol virtuel. J’ai
choisi de décoller de Santa Barbara (avec l’add-on Orbx), un aéroport
que je connais dans le réel et qui est aussi la base de l’hélicoptère du
film. Say Intentions recré l’ambiance avec du trafic VFR et les
communications radio associées. Mon vol s’est terminé à Santa Ynez
(KIZA), où les deux Piper Cub du film sont basés. J’ai téléchargé le
freeware de KIZA, mais le rendu était catastrophique dans MSFS 2024 :
des bâtiments autogen par-dessus l’add-on (conçu pour MSFS 2020
seulement) et une pompe à carburant en plein milieu de l’aire de
stationnement. Résultat, pas de photos à l’arrivée.
J’ai
pris le Savage Cub de Sling, en espérant avoir assez de cran pour me
poser sur la piste de Davies Ranch. J’ai zéro expérience (réelle) en
pilotage bush.…
ll
m’a fallu un certain temps pour trouver l’emplacement exact. Repérer
quelques indices dans la vidéo et, avec Internet, c’est une question de
minutes pour localiser précisément l’endroit. En revanche, les retrouver
dans le monde de MSFS, avec cette abondance d’arbres, c’est une autre
paire de manches. Et j’ai un peu triché avec ForeFlight.
Courte finale sur la "piste" du Ranch des Davies:
Stationné tout en haut de la bande de terre qui sert de piste:
Le
ranch des Davies caché sous les arbres et la représentation des
montagnes du Los Padres National Park, qui mériterait une bien meilleure
résolution:
Au
final, une nouvelle façon pour moi de voler avec un but et une
confrontation au réel... ah non, ça c'est ma façon habituelle de voler
avec mon simu à la maison.
Comme chaque 7 octobre, pensée spéciale pour cet incroyable survol de Manhattan en Cessna à 1 500 ft… Des souvenirs gravés à jamais.
Et pour celles et ceux qui n’auraient jamais vu ce moment, voici la
clairance reçue au sol à Teterboro avant d’entamer ce vol d’anthologie :
le début d'un précieux sésame qui a rendu possible le survol de New York.